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Clémentine Autain:"J'aspire à changer la vie !" |
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Ecrit par Sébastien Demaret
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24-04-2006 |
A l'occasion de la sortie de son livre "Salauds de jeunes", Clémentine Autain était l'invitée de Générations Débats pour un débat convivial sur le thème "La France a-t-elle laissé tomber sa jeunesse ?". Elle était accompagnée par Mikaël Garnier-Lavalley, co-auteur du livre.
Le débat s'est déroulé le lundi 24 avril prochain à 19H30 au 1er étage du bar/restaurant la Panfoulia, 7 rue Sainte Croix de la Bretonnerie 75004 Paris- métro Hôtel de Ville".
 Clémentine Autain est née en mai 1973 à Saint-Cloud dans les Hauts-de-Seine. Après un DEA d'histoire sur le mouvement social des femmes, elle s'oriente dans un premier temps vers le journalisme. En 1997, elle fonde l'asso ciation pour l’égalité des sexes Mix-Cité. En tête de la liste de la gauche plurielle "Changeons d’ère" dans le 17e arrondissement de Paris lors des élections municipales de mars 2001, elle devient adjointe au maire de Paris chargée de la jeunesse (groupe communiste). Clémentine Autain, est par ailleurs membre de la fondation Copernic. Après deux premiers livres "Alter égaux. Invitation au féminisme" (Robert Laffont, 2001) et "Les droits des femmes: l'inégalité en question" (Editions Milan, 2003), elle publiera le 20 avril 2006 un nouvel ouvrage "Salauds de jeunes", écrit avec Mikaël Garnier-Lavalley (délégué national de l’ANACEJ- association nationale de conseils d’enfants et de jeunes), chez Robert Laffont.
Clémentine Autain : « J’aspire à changer la vie ! »
C’est avec une heure de retard que Clémentine Autain a rejoint la trentaine de personnes qui l’attendait pour le débat intitulé « La France a-t-elle laissé tomber sa jeunesse ? ». Pendant ce temps, Mikaël Garnier-Lavalley, coauteur avec « Clém », comme il l’appelle parfois, de « Salauds de Jeunes », en a profité pour se présenter à l’auditoire.
Puis, Mademoiselle Clémentine Autain, pardon « Madame Clémentine Autain », car elle considère l’usage du « Mademoiselle » comme désuet, est revenue sur son parcours.
« Fille de saltimbanques », elle a été étudiante à Paris VIII, où elle a obtenu un DEA d’Histoire. Militante à l’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) et à l’UEC (Union des Etudiants Communistes), « les plus présents à Paris VIII », elle est déçue par le syndicalisme estudiantin et se tourne vers la politique. Elle crée Mix-Cité en 1997 afin de lutter pour l’égalité des sexes. En 2001, au titre de la société civile, elle est candidate aux élections municipales à Paris et élue dans le XVIIe arrondissement. Elle devient Adjoint chargée de la jeunesse auprès du Maire de Paris, Bertrand Delanoë.
D’ailleurs, elle regrette que traditionnellement la « jeunesse » et les « sports » ne constituent qu’une seule délégation dans laquelle les sports prédominent. Et, lorsque les élus s’intéressent à la jeunesse, ils ne la résument souvent qu’aux loisirs.
Ce constat l’a conduite à coécrire « Salauds de jeunes ». Elle y remarque le décalage qui existe entre le « jeunisme », cette apologie de la jeunesse omniprésente dans la société, et le fait qu’on ne prenne pas les jeunes pour des « interlocuteurs crédibles ». Si elle est consciente de l’hétérogénéité qui existe chez les 15-35 ans, elle n’en reste pas moins convaincue qu’ils partagent des traits communs (malaise, vide, manque de projection) et souhaite comprendre et offrir une place à cette jeunesse.Fracture générationnelle
Mikaël Garnier-Lavalley, quant à lui, observe que Jacques Chirac et Lionel Jospin ont traité la jeunesse de la même façon lors de la présidentielle de 2002 : leur dénonciation de la délinquance des mineurs a abouti à une réponse similaire des deux candidats et pas à la hauteur des enjeux. Cette fracture générationnelle a été encore plus patente lors du référendum sur la Constitution européenne en 2005. Le « Je ne vous comprends pas ! » de Jacques Chirac lors du débat télévisé avec des jeunes, l’a illustrée. A une question d’un des participants sur l’image négative des jeunes véhiculée par les médias, il répond qu’il a l’impression qu’après la crise des banlieues de novembre 2005 et celle du CPE, les médias ont désormais réellement envie de les comprendre. Ensuite, un membre de l’association ayant lu le livre « Salauds de jeunes » a voulu savoir si les auteurs étaient bel et bien contre toute interdiction visant les jeunes.Clémentine Autain a clarifié sa position : limiter au minimum les interdictions faites à la jeunesse car elle craint qu’elles ne conduisent à la radicalisation. Elle prône l’éducation et l’explication des règles pour raisonner les plus jeunes.
Pour l’abolition de la prostitution
Le débat s’est ensuite poursuivi sur un thème où l’interdiction est au cœur de la discussion : la prostitution. Madame Autain n’a pas hésité à qualifier la réouverture des maisons closes de conservatisme. « La subversion n’est pas toujours là où l’on croit », s’est-elle exclamée.Puisqu’elle est opposée à l’oppression des femmes, elle se définit comme abolitionniste mais pas comme prohibitionniste. En effet, elle considère que la prostitution n’est pas un métier comme un autre et qu’il est toujours exercé sous la contrainte. Et d’insister : « légaliser, c’est transformer le proxénète en gentil entrepreneur ! ». Ce qui a suscité de vives réactions chez certains participants qui estiment que se prostituer ne relève pas forcément de la contrainte. « Le monde de l’entreprise, ce n’est pas l’île aux enfants ! »
Puis, la discussion s’est focalisée sur les problèmes propres aux jeunes. Il s’avère que, partout en Europe, ils rencontrent la même difficulté à accéder au logement ainsi qu’au travail : en moyenne, il faut 8 à 11 ans après la fin des études pour obtenir un CDI. Pendant cette période, les familles aident les jeunes à assumer leurs dépenses. Mme Autain insiste sur l’angoisse qui existe vis-à-vis du marché du travail et cite un exemple pour illustrer les absurdités existantes : elle expose le cas d’une entreprise d’aéronautique qui recherche un stagiaire pour rechercher des stagiaires ! Et de marteler que « le monde de l’entreprise, ce n’est pas l’île aux enfants ». Ce qui a engendré des réactions dans la salle et la remarque suivante : « ce n’est pas le bagne non plus ! ». Le débat vif mais toujours cordial s’est poursuivi sur les propositions économiques et sociales des auteurs de « Salauds de jeunes » : Ils veulent sécuriser le parcours des Français à partir de 18 ans. Ils prônent un accès au RMI (Revenu Minimum d’Insertion) dès la majorité. Ils défendent la mobilité et désirent ne pas opposer la protection des salariés et la productivité. De même, ils militent pour une sécurité sociale universelle. Madame Autain a également précisé qu’elle était favorable à un service civil, conçu comme une période dédiée à la collectivité et facteur de brassage social. Enfin, comme il est désormais d’usage lors des débats de GD, le dernier quart d’heure a été consacré aux questions plus partisanes voire politiciennes.  Présente lors du Congrès du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), Clémentine Autain n’a pu que constater le décalage entre l’audace des 12 propositions énoncées par les jeunes socialistes et la tiédeur des discours de clôture de François Hollande et d’Henri Emmanuelli. Interrogée sur sa participation au gouvernement en cas de victoire de Ségolène Royal à la présidentielle, elle a répondu qu’elle n’a pas fermé la porte à cette éventualité. Elle craint toutefois que ce ne soit un « gouvernement social-libéral et réactionnaire ». Selon elle, l’engagement politique est indissociable de l’accession aux responsabilités : « j’aspire à changer la vie ! », dit-elle. C’est cette conception qui l’amène à déplorer « l’attitude confortable d’Olivier Besancenot dans l’opposition ». « L’utopie doit continuer »
 C’est également cette vision, qui en réponse à la question d’un jeune intervenant sur les échecs des régimes communistes, la pousse à affirmer que « le communisme n’existe pas », même en Corée du Nord ou à Cuba, et que « l’utopie doit continuer » afin que cette doctrine trouve son application pratique. Salauds de jeunes, ils posent toujours des questions embarrassantes... Compte rendu par Sébastien Demaret Crédits photo : Marc VERHILLE\MAIRIE DE PARIS/GD
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Dernière mise à jour : ( 17-07-2006 )
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