| Roselyne Bachelot: "la Droite et le social" |
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| Ecrit par Sébastien Demaret | |
| 24-05-2006 | |
Générations Débats a eu le plaisir d’inviter Madame Roselyne Bachelot pour un débat convivial sur le thème « La droite veut-elle (ou peut-elle) innover dans le domaine social ? ». Née dans la Nièvre, Roselyne Bachelot-Narquin est Docteur en Pharmacie. Elle a repris en 1988 le siège de député du Maine-et-Loire de son père Jean Narquin et se consacre depuis à la politique. Ministre de l’Environnement, de l’Ecologie et du Développement durable de mai 2002 à mars 2004 dans les gouvernements « Raffarin 1 & 2 », elle est aujourd’hui députée UMP-PPE au Parlement européen pour la région « Grand Ouest ». Au sein de l’UMP, Madame Bachelot est Secrétaire Générale adjointe. Elle est également membre du bureau politique du Parti Populaire Européen (PPE). Le débat se déroulait le mercredi 24 mai dernier au bar/restaurant "la Panfoulia. "La droite veut-elle (ou peut-elle) innover dans le domaine social ?" Comme Clémentine Autain l’avait suggéré le mois précédent, Roselyne Bachelot est arrivée en tailleur rosevif ! ![]() Elle commande un Gin Tonic et s’installe devant l’auditoire de quarante-cinq personnes. D’emblée, elle affirme que la droite française est ringarde sur les questions de société et ajoute: «La question est pourquoi?». En effet, après la Seconde guerre mondiale, la droite était en avance sur ces questions.. Elle est même à l’origine de la légalisation de la contraception et de l’avortement ainsi que de la reconnaissance des enfants naturels. ![]() Selon Mme Bachelot, c’est le passage de la droite dans l’opposition en 1981 qui l’a conduite à se comporter comme une «bête blessée» et à se raidir sur ces sujets: «Il a fallu faire du clivage», explique-t-elle. Elle remarque d’ailleurs que le rapport récent de la mission parlementaire sur la famille, menée par Valérie Pécresse, contient de «bonnes choses» sur lesquelles les politiques français ne reviendront pas. ![]() Roselyne Bachelot reconnaît tout de même que Nicolas Sarkozy a confirmé sur RMC qu’il n’était pas favorable à l’adoption d’enfants par des couples du même sexe alors que, pour elle, «les homos peuvent être de bons parents». Elle précise: «A droite, je sens une évolution». Quelqu’un la coupe et lui demande «Dans quel sens?». Elle répond, amusée: «Dans la bonne direction!». ![]() Elle souligne que la gauche n’est pas si ouverte qu’il y paraît puisque, lors du vote du Pacs (Pacte Civil de Solidarité), Lionel Jospin a été obligé de menacer des députés de gauche de ne pas leur donner l’investiture aux prochaines élections s’ils n’adoptaient pas le texte. Elle se souvient que le nombre de députés vraiment favorables au texte se comptait sur les doigts d’une main. ![]() Concernant l’adoption, elle considère que celle-ci a profondément changé de nature. Auparavant, c’était une copie de la parentalité biologique. Elle cite le cas d’un membre de sa famille qui a découvert à 65 ans qu’il avait été adopté. Consciente du drame qu’a constitué cette révélation, elle «milite pour le droit irréfragable de l’enfant adopté à connaître son identité biologique». ![]() C’est pourquoi une réforme du droit à l’adoption lui semble nécessaire. Elle est pour la suppression de l’accouchement sous X. Répondant à une question sur le débat sur le PACS, elle rejette l’image de deux excitées, Christine Boutin et elle-même, qui se seraient opposées lors des discussions parlementaires: «Ce sont les hypocrites qui véhiculent cela. Madame Boutin a été très accompagnée par les groupes UDF et RPR, moi j’étais très seule». ![]() Cette prise de position, qu’elle paye encore aujourd’hui, lui a nui dans le Maine-et-Loire bien que ses convictions soient anciennes. Elle a réfléchi sur l’union homosexuelle depuis 1992 et a participé à de nombreux colloques sur le sujet. ![]() D’ailleurs, cet engagement de longue date lui a valu les félicitations d’Édouard Balladur et de Philippe Séguin en 1999, à l’issue du débat sur le Pacs. Quelqu’un l’interroge alors sur son avenir politique. Elle indique:«ça m’étonnerait que l’on me mette ministre de la Famille, j’ai comme un pressentiment !». ![]() Poursuivant la discussion sur la discrimination positive, elle considère que le CV anonyme «est sans doute une mauvaise solution à un vrai problème» et d’ajouter d’un ton humoristique:«Je préfère un beau noir à un blanc moche!». Elle souligne que «quand il y a discrimination, il faut des mesures volontaristes» mais elle s’oppose à la méthode des quotas. ![]() Interrogée plus précisément sur la parité homme-femme dans les partis, elle analyse que, pour le PS, il est plus facile de faire de la place aux femmes étant donné «qu’ils se sont pris une dégelée en 2002» alors qu’à l’UMP, «on a 360 types qui courent les comices agricoles et embrassent les grands-mères dans les maisons de retraite». En effet, plus sérieusement, elle estime qu’un grand nombre de députés hommes de droite sont fortement implantés localement et donc qu’il est difficile de les «déloger». Un membre de l’association lui demande si la mise en avant de sa vie privée lui permettrait de faire avancer ses idées. Et de répondre:«Je suis extrêmement rétive à exposer ma vie privée car j’impose déjà de grandes souffrances à ceux que j’aime. Comme homme politique, on a du bon et du mauvais, l’entourage n’a que le mauvais». ![]() Après les attaques qu’elle a subies de la part de Laurent Ruquier, elle se souvient que Dominique Ambiel, conseiller en communication du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, était venu la voir en lui disant: «J’ai une idée!». Il s’agissait en fait d’un reportage dans le Figaro Magazine après la naissance de son petit-fils Corentin, reportage qu’elle a refusé. Un adhérent anglais de l’association revient sur les quotas dans la société. Elle avoue que «quand il s’agit de répartition des femmes, il n’y a qu’un seul quota possible, celui de la parité». En effet, envisager un pourcentage de répartition autre que 50/50 est pour elle inconcevable. ![]() Le président de l’association l’interroge sur le poids de l’Église catholique sur les décisions politiques françaises. La réplique cingle: «Il y a belle lurette que les députés de droite se sont affranchis de l’Église». Et visant les membres du clergé, elle pense «qu’ils feraient bien de balayer devant leur porte pour l’accueil des couples divorcés et des homosexuels». Interrogée sur les lois Sarkozy sur l’immigration, elle constate qu’il y a deux portes d’entrée pour les immigrés:«le regroupement familial (qui aboutit à ce que des squats flambent) et l’immigration illégale». Le but de ces lois est de changer de logique dans les sources d’immigration. En France, il y 400000 emplois non pourvus surtout dans le bâtiment, et pour elle, l’immigration choisie répond à ce problème. Un journaliste la questionne sur le phénomène politique Ségolène Royal. Elle explique qu’il y a une façon masculine de faire de la politique dont le symbole est Bonaparte au pont d’Arcole (la figure d’un leader charismatique et fonceur) et une façon féminine qui consiste en la recherche du consensus.Ségolène Royal a conceptualisé l’exercice féminin du pouvoir, entre autres en choisissant le slogan «Vos idées sont les miennes». Roselyne Bachelot va plus loin: «Je pense que Ségolène Royal ne croit à rien». Ce qui est l’exact contraire de sa démarche: «Je n’essaie pas d’avoir les idées du plus grand nombre, je ne changerai pas». Abordant le thème de la Présidentielle de 2007, elle estime que les questions de société seront un facteur clivant mais ne seront pas au cœur du débat. Comparant Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, elle estime que le député des Deux-Sèvres «a des fragilités considérables», dont un électorat déstructuré, alors que le président de l’UMP est soutenu par des électeurs qui savent pourquoi ils votent pour lui. Enfin, elle indique qu’à ses yeux Dominique Strauss-Kahn est le seul présidentiable socialiste crédible sur la scène internationale et donc le plus dangereux pour la droite française.L’auditoire semble séduit, le charme du tailleur rose opère toujours ! |
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| Dernière mise à jour : ( 17-07-2006 ) |


















Un journaliste la questionne sur le phénomène politique Ségolène Royal. Elle explique qu’il y a une façon masculine de faire de la politique dont le symbole est Bonaparte au pont d’Arcole (la figure d’un leader charismatique et fonceur) et une façon féminine qui consiste en la recherche du consensus.
Comparant Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, elle estime que le député des Deux-Sèvres «a des fragilités considérables», dont un électorat déstructuré, alors que le président de l’UMP est soutenu par des électeurs qui savent pourquoi ils votent pour lui. Enfin, elle indique qu’à ses yeux Dominique Strauss-Kahn est le seul présidentiable socialiste crédible sur la scène internationale et donc le plus dangereux pour la droite française.
