 Claude Goasguen: «Il faut faire de Paris une métropole mondiale»
Pour sa première réunion, GénérationsDébats a reçu un combattant, Claude Goasguen. Député du 16e arrondissement et président du groupe UMP au Conseil de Paris, cet ancien ministre souhaite reprendre la capitale à la gauche. Le mercredi 28 septembre, il a exposé les grandes lignes de son programme, notamment dans le domaine des transports. Au bar La Panfoulia, à deux pas de l’Hôtel de Ville…
Devant un auditoire d’une quarantaine de personnes, Claude Goasguen assène: «Une démocratie n’est pas faite pour être consensuelle». Fort de cette conviction, le premier invité de Générations Débats a exposé son point de vue sur l’avenir de Paris. Candidat à la candidature UMP pour les prochaines élections municipales dans la capitale, il est revenu sur les particularités parisiennes: statut administratif singulier, premier maire élu en 1977 seulement, choix de Chirac d’utiliser Paris comme tremplin vers l’Élysée… Et sur le constat que la concurrence entre les grandes métropoles mondiales est désormais une réalité incontournable.
 Selon lui, l’alternative est donc simple: soit Paris fait le choix de la ville-musée comme Vienne, soit elle préfère devenir un pôle économique attractif à l’instar de Londres. C’est la seconde option qu’il entend défendre au cours de sa campagne, lui le libéral «bêtement adepte de Guizot». «Il faut faire de Paris une métropole mondiale», plaide-t-il. Cet objectif induit une certaine organisation des transports.
Des bus électriques
Conscient des problèmes de pollution dans la capitale, M. Goasguen prône la mise en place de bus  électriques. «Les moteurs électriques ont 300 km d’autonomie maintenant: c’est idéal», explique-t-il. Cet intérêt pour les transports en commun ne l’empêche pas de critiquer le tramway en construction sur les boulevards des Maréchaux. «C’est effroyablement cher et on va être obligé de mettre des trolleybus à la place des rails», se lamente-t-il. De même présente-t-il le Mobilien et les couloirs de bus du boulevard Magenta comme contre-exemples de la politique municipale qu’il désire mener.
 Concernant les pistes cyclables, il milite pour un audit effectué par la Préfecture de police. «Celles qui seront jugées utiles seront gardées», lance-t-il. Et d’évoquer la mise en place de voies  modulables: réservées aux vélos quand la circulation automobile est fluide, accessibles aux voitures quand elle est dense. Pour autant, il aspire à une véritable stratégie pour limiter la circulation automobile dans l’hypercentre (quatre premiers arrondissements) dont un quart des logements ne sont que des pied-à-terre. Cette ambition pourrait, entre autres, se traduire par la création d’une Société d’Économie Mixte de taxis, en nombre trop limité dans la «Ville-lumière».
Priorité au développement économique
 Ces éléments contribueraient à asseoir le rayonnement international de  Paris. Pour Claude Goasguen, ils sont indissociables du développement économique. «Il faut relancer le système économique innovant comme les PME de haute technologie», insiste-t-il. Ce qui permettrait d’ériger la capitale française en pôle spécialisé dans la recherche. Le tourisme est également un secteur à ne pas négliger: en multipliant les commerces aux abords des monuments historiques, par exemple la Tour Eiffel, les pouvoirs publics engrangeraient davantage de rentrées fiscales. D’où la possibilité d’instaurer la gratuité des musées, comme à Édimbourg.
 Favorable à une ville ouverte sur le monde, l’élu défend l’institution d’ «une communauté d’agglomération avec les 40 communes environnantes, dans le domaine de l’environnement, des transports et du logement». Opposé aux tours, il croit «à la qualité de vie au raz du plancher». Contestant les chiffres de Bertrand Delanoë sur les logements construits depuis 2001, il reconnaît tout de même que «la gauche a réussi à développer l’aspect festif de la capitale, avec Paris-plage et la Nuit blanche». Accompagné au bar La Panfoulia de Lynda Asmani, avec laquelle il entend décrocher l’investiture UMP pour 2008, il souligne qu’il «aime le combat politique». Ca tombe plutôt bien: la bataille s’annonce rude pour la place de premier édile parisien. Compte rendu par Sébastien Demaret.
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